Trackers (2006)


Plongés au coeur d’une réalité-fiction, des individus se déplacent sur plusieurs périmètres dans la ville, alors que leurs trajectoires sont épiées par l’oeil scrutateur de l’objectif. Les rigueurs de l’hiver en milieu urbain viennent troubler l’atmosphère qu’Ils transforment en contexte propice à l’épreuve.Ces individus expérimentent les écarts climatiques et les interludes silencieux d’une ville touchée par la tempête ; ils s’abandonnent à de lentes traversées, à des balayages optiques sur des paysages altérés ou des topographies révélées par les conditions météo. L’anonymat, l’isolement et l’errance se manifestent inextricablement au travers de ces lieux qu’ils sillonnent et dans lesquels ils négocient leur présence. Leur quête apparente de refuge trouve écho dans le regard qu’ils portent sur ces lieux transformés.

Trackers produit une « géographie psychique » de ces passages en revisitant librement certains mécanismes de médiation présents dans l’imagerie sportive et le document d’aventure-réalité (ralenti analytique, caméra témoin). Devant la sophistication des points de vue qui y sont fréquemment employés, je tente plutôt de dévoiler un imaginaire qui s’attarde aux incidents du parcours et aux limites d’une approche low-tech de captation sur le terrain, tout en brouillant volontairement les formes d’authentification de l’expérience. L’attention portée au déplacement des corps, prégnante dans le traitement vidéo et sonore, révèle dès lors aussi toute une série de frictions et de moments d’inertie. En galerie, l’installation rend le visiteur témoin de ces trekkings, happé dans le processus d’une action dont il perçoit les cadences liées à l’effort physique. Fouler le sol enneigé, tracer, freiner son élan, observer, enregistrer, dépister…

Pitched into the midst of a reality fiction, several individuals wander through areas of the city, their trajectory closely followed by the camera’s eye. The disruptive adversities of winter transform the situation into something of a trial as the subjects test the weather shifts and silent intervals of a city in the grip of a storm. As they undertake their slow traversals, panning the altered landscapes and weather-marked topographies, anonymity, isolation, and wandering become manifest in the criss-crossed cityscape in which they negotiate their presence, their apparent quest for shelter echoed in observations on the transformed spaces.

Trackers produces a “mental geography” of these passages by freely revisiting certain mediating devices in sports imagery and adventure documentaries (slow-motion breakdown, objective camera). Instead of the complex points of view frequently employed in such productions, I attempt to reveal an imagination that lingers on incidental happenings along the way, pushing the limits of low-tech capture in the field, while intentionally blurring forms of authentication of experience. The attention given to physical movement, evinced in the treatment of video and sound, then reveals a whole series of frictions and moments of inertia. In the gallery, the installation makes visitors a witness to these trekkings, draws them into the process of an action of which they can sense the rhythm connected with the physical effort. Treading the snow-covered ground, tracing, breaking one’s momentum, observing, recording, tracking…

Centre d’art contemporain Optica, Montréal, 3 mars au 8 avril 2006.

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